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Megaromania


La réalité prophétique



L’enregistrement du très attendu premier album complet de Megaromania produit par KISAKI est maintenant achevé !! C'est le 11 novembre que le nouveau-né, confronté au monde pour la première fois, tentera enfin de pousser son premier cri. Des concerts oneman ont également été fixés : le 8 novembre au Shinsaibashi SOMA et le 13 à l’Ikebukuro CYBER. Je veux à tout prix que ceux qui n'en ont pas encore fait l'expérience puissent être touchés par l’univers grandiose et émouvant présent dans cette œuvre à la croisée du rock symphonique et de l'opéra. La présente interview devrait pouvoir vous donner un avant-goût de ces nouvelles émotions.

― Votre premier album, « Prophetic Faction – the Universe – », est enfin achevé !

Sui : Une année et demi s’est écoulée depuis le début de l'activité de Megaromania. Nous avons donné naissance à « Prophetic Faction – the Universe – » en voulant en faire une œuvre qui dépeindrait deux facettes de Megaromania : tout d'abord le « style » qui nous est propre et que nous sommes parvenus à bâtir dans ce laps de temps, puis la forme que nous prendrons « après ça ».

― Cet album donne parfois le sentiment de rassembler plusieurs histoires qui sont liées les unes aux autres. L’avez-vous conçu de manière à en faire une œuvre conceptuelle ?

Sui : Le concept que le groupe a mis en avant dès le début est « l’esthétique de la création ». En parcourant ce thème, nous avons conçu de nombreuses compositions qui dépeignent les idées de « prophétie » et d’« avenir », et c'est également le cas dans cet album auquel nous venons de donner naissance. Le titre de l’album signifie « la réalité prophétique » et nous en avons fait une œuvre qui prend comme base la vision du monde que nous avons toujours dépeinte et qui est ainsi devenue notre axe. Bien que les éléments contenus dans l'album soient différents les uns des autres, nous avons réellement relié ces éléments ensemble et nous leur avons donné une consistance. C’est pourquoi nous l'avons sous-titré « l’univers » : nous sommes partis de l’idée d’« assembler des histoires au cœur commun pour en faire un seul et unique univers ».

― Il est certain que chacune des chansons dégage une vision du monde bien à elle.

Sui : À vrai dire, c’est ce sentiment d’une sorte d’assemblage de plusieurs histoires courtes aux thèmes variés qui est à l'origine du titre de « réalité prophétique ».

Hyōga : Les différentes compositions de l'album expriment vraiment une très grande variété de choses, que ce soit les chansons qui avaient déjà une forme précise et que nous jouons depuis nos tout débuts, ou les nouvelles chansons créées spécialement pour cet album.

Misery : Pour la compositions des nouvelles chansons de l'album, Sui m'a demandé : « je veux que tu fasses un travail d'une telle qualité que chaque chanson puisse être utilisée comme un single à part entière ». Cet album est plein à craquer de chansons que tous les membres ont composé en s'unissant comme en un seul homme, avec cet objectif en tête.

Sui : Cet été, avant de nous mettre à travailler sur l'album, nous avons sorti les trois singles « deus », « holy » et « evil » dans lesquels nous avions incorporé un concept solide. Mais nous avons voulu faire en sorte que l'album puisse produire un impact encore plus fort que celui de ces trois œuvres, et nous avons donc tenu de nombreuses discussions en nous demandant « sur quel chemin voulons-nous mener ce groupe ?! ». Nous avons gardé dans nos poitrines les idées et sentiments que nous avons pu apercevoir lors de ces discussions, et c'est comme ça que nous avons produit des « compositions connectées à un unique chemin logique et cohérent ». Grâce à ces discussions que nous avons eues, nous avons pu composer chaque chanson en voyant clairement le chemin sur lequel nous voulions la faire dériver. Je pense qu’en ayant pu foncer dans la composition des nouvelles chansons sans plus aucune hésitation, comme résultat, nous avons pu produire un CD où tout est lié, et qui possède une unification et une consistance qui lui donne cet air très conceptuel.

― Pour intégrer des chansons déjà sorties auparavant, il fallait qu'elle s'accordent au thème de l'album. Le choix des chansons a dû être un élément important.

Sui : Oui. Mais c’est aussi le cas des nouvelles chansons. Même quand la qualité des nouvelles compositions était haute, si elles n’allaient pas avec le thème de l’album, nous n’hésitions pas à les couper. Parmi ces chansons, nous avions souvent envie de dire « celle-ci, il ne vaudrait pas mieux en faire le prochain single ?! » tant la qualité était haute, et puis il y avait aussi des compositions qui dessinaient des voies complètement nouvelles. Mais plutôt que de tout stocker, nous nous sommes dit « enlevons tout ce que nous n’avons pas la volonté de faire, pour transmettre le plus authentiquement ce que nous sommes au moment présent », et c’est comme ça que nous avons pu inclure des chansons capables de colorer cet album. En tout cas, comme Misery l’a dit précédemment, l’un de nos buts était « une qualité single pour chaque chanson », alors nous avons vraiment inclus une qualité de plus de 120% dans ce disque que nous estimons très convaincant et dans lequel nous avons pleinement confiance.

― Sui, vous avez l'habitude de dépeindre des univers poétiques qui possèdent chacun une véritable histoire. Mais j'ai noté qu'avec ces nouvelles chansons, les paroles qui dévoilent des sentiments intérieurs se sont multipliées.

Sui : Comme je crée mes histoires en prenant comme base « les sentiments qui nous embrassent à la frontière du réel et de l'irréel », j'ai toujours décrit dans mes paroles des mentalités et des contextes liés d'une façon ou d'une autre à la réalité. Mais il est vrai que dans la présente oeuvre, nombreux sont les textes dans lesquels je dévoile les sentiments d'une manière beaucoup plus directe que dans tout ce que j'ai écrit jusque là.

― Pourquoi avoir renforcé cette tendance ?

Sui : C'est tout simplement parce que cette volonté de vouloir transmettre des messages a toujours été présente chez moi, et avec le temps elle a grandi et est devenue plus forte. De plus, même si le sentiment poétique est pour moi quelque chose de très important, il est plus facile de communiquer des mots plus francs et impulsifs.

― Vous avez également intégré dans cette œuvre « Transparent Shine », la chanson que KISAKI a composée.

Sui : Megaromania, le nom de notre groupe, est un mot connecté à un ancien groupe de KISAKI, alors, au moment de notre formation, nous avons bien eu conscience d'être « le groupe qui veut se placer comme la descendance de KISAKI ». C'est pour ça que quand nous avons dû faire face à notre premier live, nous avons prié KISAKI « il faut absolument que vous nous offriez une chanson, s'il vous plaît », et c'est cette chanson que nous avons reçue. C'est une des compositions qui ont annoncé notre commencement tels que nous sommes maintenant, et pour cette raison, nous voulions l'inclure dans l'album pour la faire conclure cette œuvre.

Hyōga : Dans le type B de l'album, nous avons inclus une composition intitulée « Hallucination ». En vérité, lorsque nous avons reçu la démo de « Transparent Shine », le nom provisoire que KISAKI lui avait donné était justement « Hallucination ». Le titre a donc été changé pour mieux s'accorder à l'univers des paroles et au contenu de la chanson, mais en tant que descendance de KISAKI, nous avons voulu à tout prix faire revivre à travers une chanson le titre original qu'il nous avait donné. C'est maintenant, dans cette « Hallucination », que nous avons pu inclure tous nos sentiments envers KISAKI.

― Vous avez rempli l'album de compositions qui dépeignent des scènes et des sentiments variés, n'est-ce pas ?

Leda : Nous avons disposé « Prologue & Epilogue » comme première piste, en nous disant qu'elle serait certainement la plus appropriée pour le début de l'album. C'est bien cette chanson qui transmet le plus clairement la nouvelle forme de Megaromania et son évolution flagrante : pour la composer, nous avons pris comme axe le Megaromania unique que vous connaissiez jusqu'à maintenant, tout en y ajoutant ici et là de nouveaux éléments. C'est une composition qui déborde de vigueur et d'énergie, ce qui la rend d'autant plus appropriée pour orner le début de notre album. C'est une chanson qui commence directement par le refrain et qui frappe fort, avec tous les sentiments que nous voulions transmettre d'emblée, mais qui porte en même temps un côté dramatique. « Prologue & Epilogue » possède vraiment un terrible pouvoir d'attraction, c'est une composition qui donne cette impression de devenir toujours plus profonde à chaque écoute.

Misery : La chanson dont on pourrait dire qu'elle présente une nouvelle facette du groupe est « Amethyst ». C'est une composition qui diffère vraiment de tout ce que Megaromania a fait jusqu'à maintenant et qui dépeint une nouvelle vision du monde. En vérité, lorsque nous avons donné naissance à cette chanson, tout le monde a crié « génial~ ! » et s'est souvenu de ces tremblements de joie et d'excitation des débuts. Nous avons alors sérieusement pensé « nous pouvons montrer un tout nouveau Megaromania ».

Sui : L'« Amethyst » est la pierre qui symbolise la « force » et l'« espoir ». Le protagoniste que j'ai introduit dans les paroles cache les blessures présentes en son coeur, et vit en se trompant lui-même. Pour vivre, la force est quelque chose d'absolument nécessaire. Le protagoniste vit en bluffant à chaque fois qu'il est confronté à l'extérieur, mais comme il sait qu'au fond de lui son coeur est faible, il demande à avoir davantage de force. J'ai dépeint ce genre de mentalité, qui oscille entre l'extérieur et l'intérieur.

Leda : « Bloodshed » est, avec ses passages aggressifs bien marqués, une composition particulièrement violente qui a représenté un véritable défi pour moi.

Misery : En composant la chanson et en la rendant aussi rapide, elle est devenue pour moi aussi « un défi que je me suis fixé à moi-même ». Mais comme j'ai réussi à franchir ce mur et que je suis sorti grandi de la composition de cette chanson, je me demande si par la suite je ne vais pas composer des chansons encore plus rapides (rires).

― Chikage nous a offert « Remembrance Fantasia » !

Chikage : C'est une chanson qui a eu, dès le début, des éléments très fortement pop. Toutefois, j'ai arrangé sa forme en me servant du refrain, et au final, elle s'est transformée pour maintenant exprimer une certaine violence remplie d'énergie.

Sui : À l'instant où j'ai écouté la composition, la mélodie du refrain m'est profondément restée en tête. J'ai tout de suite pensé « je veux utiliser ça », et tout le monde a travaillé sur l'arrangement pour faire en sorte que le morceau utilise au maximum la chanson et le refrain conçus par Chikage, tout en la transformant pour lui donner cette expression offensive.

Hyōga : En ce qui me concerne, la manière dont j'utilise la basse diffère entre les anciennes chansons présentes sur l'album et les nouvelles ; les sons que je produits dégagent des sensations différentes qu'il est facile de discerner. Ces différences, je veux que vous les ressentiez aussi, s'il vous plaît.

― Le sentiment qui s'est le plus fortement dégagé de toutes les histoires décrites par Sui dans « Prophetic Faction – the Universe – » a été pour moi « les sentiments de pitié et de compassion face à tout ce que l'on a perdu ».

Sui : « J'aurais dû faire ça à ce moment-là » ou encore « la première prise de conscience d'une perte », ce genre de vérités n'est-il pas fréquent ? Les gens portent la superficialité d'un coeur qui ne peut s'empêcher de réitérer les mêmes choses tout en s'en rendant compte. Mais en même temps, c'est en entassant ce genre d'expériences qu'ils grandissent. Après tout, ça peut aussi s'appliquer aux groupes. En accumulant les nombreuses expériences de succès et d'échec, petit à petit, nous grandissons et nous progressons. C'est une forme grandie de Megaromania que nous vous proposons dans cet album. Après ça, nous continuerons sans doute de grandir, en accumulant les expériences.

― Nous ne nous trompons donc pas en disant que ce disque tend fortement à refléter les silhouettes « du Megaromania que vous étiez jusqu'à maintenant, et de celui que vous serez après ça » comme vous le disiez en début d'interview en parlant de votre processus d'évolution.

Hyōga : C'est un disque qui vous fera à coup sûr ressentir toute l'histoire de Megaromania : depuis le début de notre activité jusqu'aux temps présents. Cet album est réellement convaincant et c'est pour ça que nous voulons rapidement transmettre la qualité de notre univers, bien sûr, partout dans le Japon, mais aussi aux personnes d'autres pays.

― Eh ! Auriez-vous planifié un concert à l'étranger ?

Hyōga : Non, pas encore (rires). Mais comme j'ai récemment acquis mon passeport, les préparatifs sont en train de se terminer, et nous pourrons nous envoler vers le monde à tout moment.

Chikage : Hein, sérieux ?!

Hyōga : Ce que je vise, c'est une musique aux standards de l'univers. Alors le nom qui figure sur mon passeport est aussi Hyōga (rires).
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